dimanche 12 novembre 2017

COUP DE GUEULE ?

-->
Il y a peu, le 7, je postais un texte sur "le déséquilibré", sans me rendre compte que c'était une commémoration avant-terme, une remontée acide des "évènements" du 13 novembre 2015… comme ces traumatismes qui font retour comme par hasard à date anniversaire, après avoir cheminé dans l'inconscient phréatique…
Celui qui suit, dans la même lignée, écrit récemment, explique plus ou moins pourquoi je m'ennuie à la lecture de mes magazines préférés, pourquoi je fuis les infos et les débats télévisés, et pourquoi je ne fais plus de dessin d'actualité…
•••••••••
Les coups de gueule, c'est comme les attentats, ça ne sert à rien.
Ce n'est pas à coup d'attentats (suicides ou non) que les islamistes vont nous convertir, pas plus qu'à nous faire abandonner l'alcool, le rock ou les putes. Ce n'est pas les coups de gueule sur "les cons" (chasseurs ou téléspectateurs) qui les feront se mettre à lire La Recherche (le magazine scientifique ou celle du Temps Perdu). Ce n'est pas en vomissant sur les spectateurs (complices acquis) que les stand-upeurs ou les rappeurs leur feront ingurgiter que la guerre c'est mal, que la société c'est pourri, que le FN c'est le fascisme, que les USA c'est l'impérialisme. Ce n'est pas en crachant à la gueule des racistes et des homophobes qu'on va les convertir à la société arc-en-ciel.
Tous, ça les renforce. Ensuite : retour de flammes.
En faisant de l'humour sur les cons, on finit par faire de l'humour con : l'humour fait sur leur dos vit de leurs clichés cons et finalement patauge dans les mêmes clichés. Et c'est pas drôle. Et si c'est pas drôle, c'est pas la peine.
On dit tous la même chose : les chasseurs sont des cons, la télé, ça sert à vendre du coca-cola, etc. Ok, ça fait 50 ans qu'on le dit. Si on a les moyens d'être à peu près intelligent, on devrait s'en servir pour dire autre chose que cette protestation, cette indignation que profèrent avec nous tous les gens qui ont les moyens d'être à peu près intelligents et qui finalement disent tous la même chose du moment que c'est contre ce que disent "les gens" (les cons)… Je me demande si je suis très clair, là… Je veux dire : renversement du renversement – l'anticonformisme devenu nouveau conformisme – le conformisme de la marge – le politiquement incorrect devenu le nouveau correct – l'anti-bien-pensance devenue nouvelle bien-pensance.
Quand on pense tous la même chose, c'est pas la peine de penser.
Quand on dit tous la même chose, c'est pas la peine de parler.
Du coup, le ci-devant bourgeois, réac, conformiste, en ayant marre d'être victime des sarcasmes, se décomplexe, comme on dit, et proteste et s'indigne de la nouvelle bien-pensance anti-bien-pensance, devenue la doxa, l'opinion dominante du moment…
Voilà le ci-devant soi-disant subversif devenu "nouveau réac" ou néo-con et le nouveau (ou ancien) réac devenu subversif.
Ou alors, c'est que tout le monde est subversif, y compris Bigard ou Hanouna (et c'est nous qui leur avons dégagé et aménagé le terrain – vague).
Et moi, là, devant ça, c'est pas un coup de gueule, c'est un cri du cœur : JE M'ENNUIE !
— Les coups de gueule, ça sert juste à se défouler.
— Peut-être que les attentats-suicides aussi, ça leur sert juste à se défouler.


vendredi 10 novembre 2017

Cinéma (à la télé). Qu'ai je vu…

-->
… d'intéressant ou de remarquable ces derniers temps ?
1er novembre :
"La Dernière piste", Kelly Reickardt, 2010, m'apparait assez ennuyeux. J'ai raté le début, je découvre des pionniers paumés dans les plaines avec leurs charriots bâchés, ils cherchent de l'eau, se font aider par un indien peu fiable… Fin en queue de poisson… Bizarrement tourné au format 1.33 ou 1.43 alors qu'on est sans cesse dans les grands espaces… Le film s'inscrit dans le domaine "nouveau western", sans doute, mais il y a mieux dans le genre. (Un de ces jours, je vous ferai un compte-rendu "nouveau western".)
"Nostromo, le rêve impossible de David Lean", 2017, docu passionnant sur le dernier projet de David Lean, inabouti – comme bien des projets de cinéma : argent, lieux de tournage, producteurs… et la maniaquerie perfectionniste du monsieur qui veut contrôler, dès l'écriture, chaque point. Arrivé à un certain stade, ce n'est plus la peine de faire le film : c'est de l'art conceptuel.
Par contre ça me donne envie de lire Joseph Conrad. Le jour même, je commande "Au cœur des ténèbres" (thème qui a connu bien des interprétations cinématographiques, pas seulement "Apocalypse Now") et "Nostromo" (en me rappelant que le vaisseau spatial d'Alien s'appelle le Nostromo…)
"Phantom of the Paradise", Brian de Palma, 1974. Sans commentaire. Revu, même en ne zappant que des bribes, avec plaisir.
"Un jeu risqué", Jacques Tourneur, 1955, un western autour du personnage de Wyatt Earp. Ouais… J'aime mieux le Tourneur fantastique. (Et là, je fais un petit flash-back : le 31 octobre, la veille, quoi : "Rendez-vous avec la peur", 1957. Comme le De Palma, des films déjà vus une fois ou deux fois ou trois fois, mais suffisamment "oubliés" pour qu'il y ait un plaisir renouvelé : re-connaitre. (Par contre, tard ce soir-là, je capte la fin de "Le Repaire du ver blanc", Ken Russel, 1988, et je suis mort de rire devant ce nanar…)
2 novembre :
"Le Danseur du dessus", Marc Sandrich, 1935. Fred Astaire, Ginger Rogers. Quelle classe dans les numéros de danse ! (De Fred Astaire, j'aime tout ! Et des comédies musicales aussi. Jusqu'à quelle date ? ce serait à chercher… le crépuscule est-il "Cabaret", ou "All that jazz" ?)
"Mansfield Park", Ian B. McDonald, 2007, une JaneAustenerie comme les Anglais savent les faire. Mais avec Billie Piper, la plus sexy des actrices anglaises, que j'adore depuis ses saisons dans Dr Who.
3 novembre :
Vient s'intégrer l'épisode 1 de la saison 1 de "Game of Thrones", dont un ami m'a filé l'intégralité en VOST. J'ai du matos à rattraper, n'ayant vu de la saga que des bribes cueillies au hasard…
4 novembre :
Un docu sur Vilmos Zsigmond, un chef opérateur important dans l'histoire du cinéma hollywoodien. On ne fait jamais assez attention aux chefs op'… on n'a pas assez conscience de leur importance pour la qualité d'un film. Et c'est donc passionnant.
"Les énigmes de l'âge de la pierre", un docu sur les civilisations mégalithiques. Bon. Y a des pierres dressées un peu partout. C'est énigmatique. Bon.
6 novembre :
"Super 8", J.J. Abrams, 2011, très sympa hommage à l'époque Spielberg, Joe Dante…
8 novembre :
"Terminator - Genisys", Alan Taylor 2015, avec Arnold Schwartzy et Emilia Clarke. Je l'avais déjà vu et qualifié de "inutile". Je retombe dessus, je regarde en me disant "pourquoi ce film ? la boucle était bouclée…" Je ne comprends à peu près plus rien dans les paradoxes temporels dignes de "Retour vers le futur" en moins marrant. Seulement voilà… il y a cette petite actrice brune qui joue Sarah Connor jeune… et je me dis "mais qui c'est ? je l'ai vue, je la vois, elle fait partie de mon paysage télévisuel…" Et tout à coup, le flash : c'est Daenerys de Game of Thrones ! Je ne l'avais jamais vue autrement que blonde platinée… et mise à nu… et vendue… et reine des dragons… Pas en action-girl brune en 'jean et débardeur. Et donc je tombe sous le charme du film. Avec ça, le vieux Schwartzy en "bon Terminator" qu'elle appelle Papy.
Il en reste quelque chose d'assez drôle et émouvant, une émotion peut-être due pas tant au film en lui-même qu'à une aura autour : le passé des acteurs, l'ensemble de la saga Terminator, la carrière de Schwartzy, last action hero. Et puis à elle : Emilia Clarke – Daenerys.
(Je me rends compte par la même occasion qu'on ne fait pas attention au nom des acteurs dans les séries si on ne les a pas déjà identifiés avant, par le cinéma. Ça tient sans doute au fait que, à la base, dans un passé pas si lointain, on méprisait les séries en tant que produits télévisuels – en série… Tout le prestige allant au "vrai" cinéma. Faut que ça change ! Cela dit, de la série télé dont, dès la vue d'une scène de dialogue en plan moyen, on sent la série télé feuilleton produite à la chaine ou le téléfilm trivial, il y en a encore plein… Cf. les nouvelles chaines Polar + ou Warner TV.) (Dans tout ce §, j'ai dit "on", mais je veux dire "moi"… vous, je ne sais pas.)
"Stricktly criminal", Scott Cooper, 2015. Avec un Johny Depp étonnant et terrifiant, et un Benedict Cumberbatch qui décidément est partout.
9 novembre :
"London boulevard", William Monahan, 2010. J'aime bien Colin Farrel et j'adore Keira Knightley… seules raisons d'apprécier ce film plutôt sordide de petits voyous londonniens…


jeudi 9 novembre 2017

Société thermodynamique


 — A quoi sert la COP23 ?
 — A préparer la COP24.
Ce ne sont pas les belles éoliennes (industrielles) qui nous sauveront. Ce ne sont pas les panneaux photovoltaïques (industriels) qui nous sauveront. Ce ne sont pas les voitures électriques (industrielles) qui nous sauveront (pas même les hybrides qui transportent leur propre centrale à pétrole pour recharger leurs batteries…)
On peut toujours s'amuser à essayer de colmater en interdisant l'usage des sacs en plastique dans les supermarchés, interdire l'automobile à pétrole, les avions, les voyages en tous sens, le transport des marchandises comme l'incinération des macchabées, dans le vain espoir d'arrêter les émissions de CO2 et l'augmentation déraisonnable de l'effet de serre, et donc la montée inéluctable des eaux. En réalité, si on abandonne toutes illusions angéliques, tous les espoirs fondés sur la bonne volonté générale des gentils colibris agriculteurs bio, on sait que toute régulation écologique devra être imposée par la force. Il vaudrait mieux se préparer à vivre sous la dictature.
Comme nous sommes moralistes et victimaires, nous accusons toujours l'avidité (greed) des autres, les vautours capitalistes… la passivité des autres (les masses indifférentes)… l'égoïsme des autres… Nous-toi-moi voulons seulement jouir sans entraves, « y a pas de mal à ça ». N'accusons pas les vautours du capitalisme industriel, accusons les masses (nous) inconscientes ou indifférentes ou pressées par les besoins immédiats (bouffer) et le désir tout puissant. Nous sommes les vautours de l'apocalypse. Nous boufferons tous les gentils colibris, toutes les abeilles, tous les nettoyeurs bénévoles des rives des rivières, tous les conscients de bonne volonté. Seule l'inéluctable écodictature nous sauvera de nous-mêmes.
Sinon… Comment arrêter la surpêche ? En ne mangeant plus de poisson. Comment arrêter la production de CH4 (méthane) par les pets des bovins ? En ne mangeant plus de viande. Comment arrêter la production de pesticides agricoles, en ne mangeant plus de pain ni de patates. Finalement, en ne mangeant plus rien, donc en mourant – on en revient toujours à ça.
Comment arrêter les émissions de gaz à effet de serre, surement pas par un marché de droits à la pollution, mais en ne prenant plus ni voiture, ni avion, ni train ni scooter, en n'achetant plus que dans le village voisin, et le nucléaire en éteignant la lumière, pas seulement quand on sort de la pièce : tout le temps, la machine à café, la télé, l'Internet (Nooon ! Paaas l'Interneeet !)
— Mais… c'est le célèbre retour à la bougie, ton affaire !
— Non, les bougies sont à base de paraffine elle-même à base de pétrole. Faut tout éteindre. C'est le retour à la caverne ! Et je vous préviens : ça va être tout noir.
— Ta gueule.


mardi 7 novembre 2017

Du radicalisé ou du déséquilibré, qui l'emportera ?

-->
— Une agression d'un blanc contre un noir (ou un arabe ou un juif ou un chinois…), c'est une agression raciste.
— Une agression d'un arabe contre un blanc, c'est un opprimé qui se défend.
— Ou un attentat terroriste.
— Ou un déséquilibré.
— Aah… Ouf.
Pour être politiquement correct, on ne doit plus dire "un handicapé" mais "une personne en situation de handicap". Si ça continue, il ne faudra plus dire "un terroriste" mais "une personne en situation de terrorisme" ?
Ou un déséquilibré "très malade" ?
Ou "une personne en situation de déséquilibre" ?
Alors, comme ça, les derniers "terroristes", celui qui jette un camion dans la foule, celui qui poignarde un vieux curé, celui qui attaque les passagers d'un train au couteau et à la hache en Bavière, ce seraient juste "des déséquilibrés", à ce qu'il parait…  (Et je ne parle même pas des Américains…)
Ça veut dire que ceux qui se font sauter dans le métro ou dans une foule d'aéroport, ceux qui massacrent une rédaction d'hebdomadaire satirique ou des terrasses de cafés… Et puis ceux qui lapident les femmes, ceux qui décapitent les otages étrangers, ceux qui achètent des vierges de 8 ans pour mariage, ceux qui jettent les homosexuels du haut d'une falaise ou d'un immeuble…… tous ceux là sont des gens équilibrés ?… Respectables, aussi, pourquoi pas ? (Ce qui suppose qu'ils auraient des raisons de faire ça… Et pourquoi pas un idéal, aussi ?!)
Sans oublier ceux qui se contentent de se taper le front par terre cinq fois par jour…
« Dieu est grand », disent-ils. Et la mer, c'est pas grand ? En plus, c'est plein d'eau, comme disait Éric Satie (dont la démarche d'enfant nu étonnait les fleurs, disait-il aussi de lui-même sur un rythme gnossien…)


jeudi 2 novembre 2017

D'autres et de choses…


Dans ma liste précédente, je n'ai pas vraiment mis de films ringards, parait-il. Flashdance et Tomb Raider sont quand même contestés par nombre de gens de gout… Pretty woman aussi… ("bluette")
Pour faire bon poids, j'ajoute Albert à l'Ouest, Everly (très cons mais hilarants)… et puis difficile de ne pas regarder Bodyguard. C'est un peu con aussi, mais… Whitney Houston………
Et pour revenir à de la qualité sure, j'ajoute par exemple Le Magicien d'Oz, Terminator, Blade Runner, Alien, le bouleversant Boulevard du crépuscule… (Il y en aura d'autres… Je n'ai pas mis de westerns alors que j'en ai une liste de trois kilomètres…)
•••
Les actrices y sont pour beaucoup : celles qui mettent les larmes aux yeux, on ne sait pas trop pourquoi… (Marilyn Monroe, Kim Basinger…)
Celles qui sont tout simplement magiques (Rachel Weis, Keira Knightley…)
Les plus sexy… (trop longue liste…)
— Sandrine Bonnaire, Isabelle Huppert…?
— Qui ça ?
••••••••••
Remplissage à base de petits déconnages
Film Français. Un film français, c'est un film avec Daniel Auteuil dans un appartement.
Chiottes. Entendu par hasard en zappant dans "Toi et moi" (comédie sentimentale française de Julie Lopes-Curval, 2006) : « Mon cœur, il est comme une porte de chiottes, y a plein de noms écrits dessus » (dit par Julie Depardieu). Je suppose que le dialoguiste est fier de lui (ou la dialoguiste d'elle…) Je ne sais rien d'autre de ce film et je pense que je vais persister dans cet état.
"La Route" est qualifié de "film suspense". Pourtant il me semble que quand la fin du monde est arrivée, il n'y a plus aucun suspense…
300. Quand le fameux chocolatier Léonidas, à la tête de 300 liquidateurs spartiates en culottes de cuir et abdos peints à l'aéro affronta dans le défilé de Tchernobyl, la centrale percée comme un vulgaire Xercès, ce fut la fuite rétrospective. Il attendait les Athéniens mais ceux-ci n'atteignirent jamais le mètre 60 : c'étaient des philosophes.
John W. La première fois qu'on présenta une automobile à John Wayne, on eut beaucoup de mal à lui faire comprendre qu'il fallait s'assoir dedans et non à cheval sur le capot.
Technique. Si certains travellings sont immoraux (ont dit Rivette, Luc Moullet, Godard…), il y a aussi des coups de zoom plus indécents qu'une pénétration anale.
Rédemption. La notion de rédemption est obsessionnelle dans le cinéma américain. C'est une notion religieuse fondée sur la notion de péché. D'où la nécessité de s'en débarrasser au bénéfice de la résilience.
Polichinelle. Cet air ravi que prennent les filles dans les films quand elles apprennent qu'elles sont enceintes, comme si elles n'avaient rien d'autre à faire de leur vie que faire des gosses, comme si l'accomplissement d'un amour était l'enfantement ! La nature primitive nataliste est toujours là et donne ses ordres relayés par le christianisme et par Hollywood.
Yeux. Le problème des films d'horreur asiatiques, c'est que les actrices ont du mal à faire des yeux exorbités.
Taxi. Les fuites en taxi, dans les films, personne n'y croit plus.


mercredi 1 novembre 2017

POP CORN


Le cinéma, c'est fait pour être vu dans une salle, entouré de plein de monde. Mais le cinéma, ce n'est pas fait pour être vu dans une salle, entouré de plein de monde qui mange du pop-corn.
Donc je ne vais plus au cinéma.
Je regarde les films chez moi.
En mangeant du pop-corn.
•••
Il y a des tas de raisons d'aimer un film, pas forcément très intellectuelles… et même des raisons inavouables. Ça peut être un acteur ou une actrice (surtout…), par exemple n'importe quoi avec Rosario Dawson ou Salma Hayek, beautés latinos, sauvages et mamelues (oui, à l'instar du roi Arthur de Kameloth, j'aime les latines…) ou Keira Knightley, beauté anglaise, plate et néanmoins sauvage. Et puis Rachel Weiss… Ça peut être quelques répliques, une scène, un charme…
Pourquoi on aime Pretty Woman, par exemple ? Le sourire de Julia Roberts y suffit… quelque chose qu'on appelle "le charme". Et puis Richard Gere, on s'en fout, garçon comme fille, alors on n'a pas besoin d'être jaloux de lui : le charme de Julia Roberts se déploie directement pour le spectateur.
Comme ça, il y a des films qu'on dit culte ou fétiches, mais qui pour moi sont "les films que je ne peux pas m'empêcher de regarder", s'ils passent sur n'importe quelle chaine, et même si j'ai le DVD, ou si je tombe dessus en zappant, que je ne peux pas lâcher, comme quand j'ouvre un album de Tintin… (À ce sujet, on vante beaucoup la liberté que donne le DVD ou le streaming, légal ou illégal, et la possibilité de se taper une série entière à la suite, en binge watching (gavage sériel), voir ce qu'on veut quand on veut… mais moi, je préfère avoir la surprise de la programmation télé, l'urgence que m'impose l'horaire. De même pour les séries, j'aime bien garder l'esprit feuilleton "à suivre", attendre la suite, comme un rendez-vous. Et puis j'aime bien découvrir par hasard : par exemple, un jour, en zappant bêtement sur M6 à 11 h 30 du matin, je découvre New Girl : série totalement déjantée hyper drôle où se succèdent les dialogues totalement déjantés (et hyper drôles). C'était la saison 5 et je ne savais même pas que ça existait. (Depuis, je ne sais toujours pas…)
Et donc, ça pourrait être un jeu : faites la liste des films, pas exactement vos préférés, pas forcément ceux qu'on dit "culte", mais ceux que vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder, même les ringardises inavouables.
J'attaque une première ébauche : Pretty woman, Blues Brothers, Fenêtre sur cour, M le maudit, Les Contrebandiers de Moonfleet, Scaramouche, Cartouche (celui de Broca), Le Train sifflera trois fois, Diamants sur canapé, Chantons sous la pluie, Tous en scène, Certains l'aiment chaud, Flashdance, Tomb Raider (le 1), Le Troisième homme, La Soif du mal, Gilda, Laura, Chantons sous la pluie (— Tu l'as déjà dit ! — Je sais…), Le Port de l'angoisse, Casablanca, A bout de souffle…



mardi 31 octobre 2017

La série policière nordique…


… c'est déjà la fin ?
— Comment ça, la fin ?
C'est que les clichés et les coutures commencent à transparaitre au grand jour (au soleil de l'été suédois de Sandham)… Le flic est mal rasé, vieillissant, mutique, peut-être alcoolique, plein de problèmes personnels, genre vieille affaire non résolue, divorce en cours ou mal digéré, gérer une fille adolescente de type… euh… adolescente. (Ou un adolescent prédrogué ou une gamine hyperactive de dix ans.) Il fait équipe avec une fliquette jeune et jolie (mais pleine de problèmes personnels) ou d'âge moyen et pas jolie (et pleine de problèmes personnels). En fait, les nombreux personnages sont tous bourrés de problèmes personnels : divorce en cours ou récent pas digéré, mère ou père malade ou mourant, avoir perdu son rasoir, handicap, deuil, tentative de suicide, sourde culpabilité, déménagement en cours (plein de cartons pas défaits), chat puant… Alors ils regardent des photos avec un air triste ou ils se regardent dans la glace avec un air triste-interrogatif-anxieux. Le flic, lui, en particulier c'est une vieille affaire qui le poursuit, où il a merdé – culpabilité mal rasée. Ne pas oublier de placer une rousse, un djeun' qui a toujours l'air de cacher quelque chose (est-ce que par hasard il se droguerait ou serait homo ?) une djeune qui a toujours l'air de cacher quelque chose (est-ce que par hasard elle serait enceinte ?)
Ne pas oublier le terme "atmosphérique". Les séries, en effet, sont plus ou moins "atmosphériques". Ça tient à la lenteur, à la lumière, aux voix sourdes et surtout à la musique. Ce qui fait le lien entre toutes ces séries atmosphériques, c'est la musique. Pas vraiment des mélodies, plutôt des nappes (de brouillard) lancinantes, comme une mer perçue de loin ou la circulation automobile perçue de loin ou le vent dans les arbres.
Bien sûr, on fait un gros usage de téléphones mobiles.
— Mais ça, comme bien d'autres éléments que tu cites, c'est dans toutes les séries modernes pas seulement policières, pas seulement nordiques…
Le mobile c'est un peu comme le raccourci-clavier sur l'ordi : ça évite des déplacements, des recherches type « Où y a-t-il un téléphone, dans le coin ? » ou des chevauchées de deux jours dans le wild pour prévenir quelqu'un et arriver trop tard. Ça économise du décor. Et puis l'appel sur le mobile permet d'interrompre une conversation qui risquait de s'éterniser, ou de briser un moment d'émotion, un aveu prêt à sortir…
Un générique très graphique, style HBO, est toujours le bienvenu.
Est-ce politique ? Oui mais local : les magouilles des petits politiciens locaux qui veulent construire un barrage ou raser un refuge pour réfugiés, ou vendre un port aux Chinois, et qui, évidemment, n'aiment pas qu'on mette le nez dans leurs affaires et ont évidemment quelques amis voyous, ça peut servir.
Un curé défroqué ? Oui, avec des tendances homosexuelles inassouvies ou une vieille affaire de pédophilie, ailleurs, qui lui a valu son déplacement dans ce trou perdu et qu'il traine comme une tâche, même si personne ici n'est au courant. Culpabilité encore et toujours…
— Tu donnes toutes les recettes, là, et pas seulement chez les nordistes… mais pourquoi tu dis que c'est fini ?
C'est fini à cause des recettes, en fait. Donc à cause des répétitions, de l'abus des trucs que l'on retrouve, que l'on reconnait. Aussi à cause des imitations. Les Américains refont Millénium, pas mal, mais inutile (et sans Noomi Rapace, à quoi bon ?). Et ils refont Real Humans, remake recopie conforme au dialogue près, à la scène prés, pour ce que j'en ai vu… inutile.
Et voilà des Belges qui font "La Trève", qui reprend à peu près tous les clichés ci-dessus cités, l'accent en plus, et que mon magazine télé préféré présente comme "les enquêtes  du taciturne inspecteur Peeters, un polar atmosphérique dans la veine des thrillers nordiques." L'accent, oui, des gueules… et des invraisemblances scénaristiques criantes (le flic qui va se coucher en laissant sur la table basse devant sa fille adolescente de type adolescente le dossier hypersensible de son enquête en cours).
Passé un moment, y en a marre. L'ennui l'emporte et faut zapper. Pourtant…
— Pourtant…?
Pourtant Bordertown, série finnoise qui accumule ces clichés "nordiques") est vraiment bien… (Le flic est suffisamment bizarre pour être intéressant.) Pourtant la nouvelle saison de Broadchurch (qui, quoiqu'anglaise, accumule ces clichés "nordiques") est vraiment bien…
Alors le polar polaire n'est peut-être pas fini…